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La folie guerrière qui s’éprend de mon paillasson quand on le frôle du bout des lèvres

dimanche 11 janvier 2009

Le hargneux

Mon médecin a changé d'adresse. J'aide une jeune mère et son enfant qui se rendent à la même destination que moi à arriver à bon port, si bien qu'elle me cède la première consultation. 10H30. Personne n'est encore là. Mon esprit se brouille. Je ne sais plus très bien si j'ai vu le toubib ou pas, mais il faut que je rentre à la maison familiale. A la télé passe « Le hargneux », un vieux film français en noir et blanc. Ah les œuvres des années 60 sont souvent tellement délicieuses. Tiens, voilà Yoann qui traverse le salon. Yoann, c'est mon premier amour secret, mon meilleur ami de collège qui m'a fuit vers 20ans quand il a cru comprendre que j'avais le béguin, bien des années après péremption. Il a l'air fermé, aigri. Il fait ce qu'il a à faire. Et comment va sa mère? Aïe, nerf sensible. Elle est en fin de vie dans un hôpital sur Belleville. Elle traîne un cancer depuis 2ans. Oh le pauvre! Ma mère tente de l'envelopper de paroles consolatrices tandis que je lui exprime ma compassion en lui posant ma main sur l'épaule, mais il la repousse, en tough guy qu'il fait mine d'être devenu, même si je n'y crois pas une seule seconde. C'est curieux d'avoir un hargneux sur l'écran télé et un autre en chair et en os, simultanément. J'aimerais lui dire que s'il veut rester dormir  puisque ce n'est pas très loin de l'hôpital, ma porte restera toujours ouverte, mais je sais qu'il ne voudra jamais.

Posté par Oniromane à 10:53 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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