mercredi 30 avril 2008
Le molière ne sera pas pour moi
C'est bientôt la première pour la représentation de la troupe de théât
re dont je fais partie. Ils ont beau être professionnels, ils ont eu l'immense bonté de me faire confiance et m'accepter parmi eux. Je ne suis pas sûr qu'ils aient misé sur le bon cheval puisque j'en ai jamais fait. Le rideau glisse, la scène donne à voir une multitude d'acteurs déambulant pour la première partie du spectacle. Angoisse. C'est bientôt le passage avec mes répliques. Argh !! Comment je peux faire ça ? J'ai jamais joué ! Je me dégonfle en faisant comme si de rien n'était. Hop je continue de marcher en toute innocence... pendant que je sens le ressentiment rageur monter chez mes collègues. Comme j'ai honte ! A l'entracte je me sauve, je veux me cacher et ne plus reparaître ! Oui mais non, il faut que j'ai le courage de bien faire les choses, de me confronter dignement ! Je reviens sur les lieux du crime où l'air est électrique de reproches. I promise I'll never do acting again, dis-je à un figurant anglophone qui me répond avec le plus grand mépris qu'y a intérêt.
mardi 22 avril 2008
Langue de serpent
Qu’est-ce qu’on se marre dans le bureau de la CPE du collège ! On chahute avec elle et un autre ami, faut dire que c’est une grande copine… Mais peut-être que c’est l’inconscience adolescente qui me fait cet effet et qu’on est pas plus amis que ça. Oh mais je me rends compte que je suis en retard pour le cours de français ! De 30 minutes ! Je me fais le plus petit possible en entrant mais la prof me signifie que c’est pas du tout grave. Elle projette un film satanique où une créature féminine avec une langue de serpent réclame un sacrifice humain. L’angoisse culmine lorsque la distance entre l’image et le spectateur n’est plus tout à fait claire.
Dans une boutique, je tombe sur un garçon qui se dit fan de moi. Il est tellement groupie qu’il me fait cadeau d’une merveilleuse jaquette de K7 vidéo transparente avec un motif arc-en-ciel et un visage en relief sur le devant. Ouah, elle est trop jolie, je me sens inspiré, emporté comme si une muse m’avait soufflé à l’oreille. Voilà que je fais de la guitare avec deux bouts d’élastique !
dimanche 20 avril 2008
Mon petit 11 septembre
Décor d’enchevêtrements souterrains de voies ferrées. Je discute avec l’ami maléfique tandis que nous glissons à toute allure sur le réseau de rails dans un vertige grisant. Cependant les voies finissent dans les murs et mon comparse m’invite à la sérénité : nous pouvons les traverser comme tous les trains qui passent. Que nenni ! Je préfère m’écarter à la dernière minute plutôt que me scratcher la tronche, surtout que derrière, les trains risquent de nous écraser, tant pis si je me fais traiter de poule mouillée. Nous quittons cette attraction et posons pied à terre en nous éloignant. Furtivement j’aperçois à travers la foule éparse un homme avec un cadran attaché autour de la taille affichant un compte à rebours. Je rêve ou c’est un détonateur ? Vite, courrons nous abriter ! Une explosion. Des cris. D’autres explosions. De la fumée. Tout le monde se couche à terre et je me recouvre le nez et la bouche avec mon pull. Le feu condamne toutes les issues et gagne du terrain. Suffocation. On va brûler ! On va tous mourir !!!
samedi 19 avril 2008
Secret gardens
Miséricorde ! Mon gland est parsemé de boutons suspects comme de petites pastilles en relief. J’ai beau creuser, je ne vois pas où j’aurais pu chopper cette saloperie. Un instant d’égarement sexuel ? Pourtant j’aurais été tout ce qu’il y a de plus soft. Peut-être que ça s’attrape en serrant des mains ou en faisant la bise ? Ça doit être la petite vérole ou la chaude pisse. Le plus dur va être de ne rien dire à mon bien-aimé, mais alors comment le lui cacher le temps du traitement ? Il me semble qu’il en existe des cours ce qui veut dire ceinture pendant deux jours. Ça peut le faire.
Deuil et mélancolie.
Sublime paysage sur un domaine, vue du balcon, les amis devenus jeunes propriétaires ont planté un carré de vigne pour produire leur millésime. De grandes ronces vertes clairsemées leur promettent un avenir radieux. Il me semble que j’ai perdu quelqu’un dans ma famille. Toute la cérémonie est planifiée. Trainant avec des amis, l’un d’eux me branche maladroitement sur le sujet et je lui réponds avec provocation en parlant avec le sourire de la crémation. Malaise dans l’assistance. Me retirant de cette audience, je m’égare dans un superbe et paisible jardin avec deux bassins carrés. Le calme qui y règne invite à la méditation. Ce serait aussi un lieu idéal pour se tuer en laissant une lettre d’adieux. Je vois d’ici la scène, tellement cinématographique. Attention de ne pas glisser et se briser le cou justement. L’accident serait mal interprêté.
Promenade dans Paris autour de Palais Royal. Qu’il est étonnant le changement de décor. La rue de Rivoli coupe deux prestigieuses façades qui en leurs enceintes abritent des jardins renaissance ou des espaces d’exposition bobo délicieusement baignés par un éclairage fluorescent. Un peu plus loin, un grand jardin public s’emplit de joie effervescente grâce aux familles venues se délester de la turbulence de leurs enfants. Ça hurle, ça chahute mais ça fait plaisir à voir. Une maman amuse sa jolie petite fille avec une immense installation où l’on doit s’arnacher à un grand élastique relié à une grue haute de plusieurs dizaines de mètres. Saute saute saute mon petit lapin, tu décolleras comme superman. Ça a l’air super fun, oh dis tu m’en laisseras aussi en faire ?
mardi 15 avril 2008
Massacre coïtal à la tronçonneuse

Climat oppressant de fuite où je débarque dans un entrepot où se tourne un film abominable. Des hommes et des femmes sadiques s’adonnent à la pénétration anale et vaginale avec des tronçonneuses et sans hémorrhagie. Mais ! On dirait que les gens n’ont pas l’air tout à fait consentant et que tout est réalisé sans trucage. C’est un snuff ! Horreur totale.
Je me lâche avec un jeune brun canon aux traits photogéniques et la carrure athlétique. C’est pipe au jus au menu pour aujourd’hui même si je n’avais pas vraiment commandé la touche finale du chef mais tant pis. Avant même de me laisser le temps de sentir ou comprendre, il pratique un limage anal si vigoureux que le préservatif se perce en toutes parts.
lundi 14 avril 2008
La mort rousse
Soirée pépère à la maison familiale, dans laquelle la fenêtre de la chambre des parents donne sur le square. J’aperçois furtivement une femme avec une épaisse chevelure rousse et bouclée sur le balcon de l’immeuble voisin. Elle vise par ici avec un fusil et fait feu ! Papa, mets-toi à terre ! Il faut surtout prendre garde de ne pas passer devant la vitre dans la salle de bain non plus. Mais qui est cette folle ? A l’autre bout de la maison, depuis ma chambre, je l’aperçois encore au loin complètement hystérique descendre la butée. On a interêt à se barricader ou ça va mal se passer.



