BLOGNIROS

La folie guerrière qui s’éprend de mon paillasson quand on le frôle du bout des lèvres

jeudi 13 septembre 2007

Les lettres d'Iwabuji

Ma destination incertaine est secondaire à la conviction d'être en route pour quelque chose d'important. Je ne me presse pas. Je suis déterminé. Dans le métro, une correspondance de la ligne 13 que je ne connais pas doit m'amener vers l'ouest bourgeois de la capitale. La montée des marches dans le couloir cylindrique a un effet vertigineux. J'arrive dans un hangar avec d'autres, traversant des rangées d'étagères en bois, où japerçois un écran diffusant un étrange film d'action. Scène de corps à corps luisant entre deux musclors aux visages légèrement ensanglantés. Leurs grimaces traduisent-elles le plaisir ou la douleur ? Difficile de dire si c'est un nanar de kickboxing ou un porno. Mes pas me mènent dans un immense couloir vitré avec vue sur un paysage vallonné travaillé en étages. Sur chaque niveau, les ouvriers ont disposé des sacs de terreau qui tiennent verticalement telles des tombes. La perspective rend leur taille impossible à évaluer à cette distance. Arrivent-elles à mi-taille ou sont-elles grandes comme des monolithes ? Retour dans le couloir. Des panneaux de signalisation suspendus indiquent des sorties vers les différents diplômes préparés. La formation d'anthropologie et psychanalyse que je commence va t-elle me servir ? En tous cas le descriptif était passionnant. Monsieur Iwabuji, le conférencier, fait son entrée dans l'amphi en même temps que moi. Tiens, je le voyais pas comme ça. C'est un africain à dreadlocks, Jawal de son prénom semble t-il. Tant que je suis debout, il me charge de distribuer un texte dans la salle. Il n'y en a pas assez pour tout le monde, faites le passer pour que chacun le lise. C'est un très beau poème traditionnel africain sur le cerveau. Je sens que ce cours sera délicieux.

Posté par Oniromane à 10:20 - Les années collège - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Qu'il est voluptueux le sommeil, jouissant l'engourdissement comateux qui vous plonge dans le monde étrange et irréel des rêves.

Ainsi tu le sens voir l'odeur de l'obscure symphonie de tes os tricotés? Ah ouais? Que répondre à cela, si ce n'est que ce n'est pas la bonne clé pour la bonne serrure? Floc floc floc...
Ce commentaire porte sur l'ensemble du BLOGNIROS: je ne m'étais jamais aventurée sur le blogniros jusqu'à présent! Je suis plus que ravie de m'être invitée dans ton blog! Que ne l'ai-je fait plus tôt? Comme j'aime te lire! Si tu savais comme tu me manques! Et tes songes sont si inspirants! Ils sont comme des amphétamines pour moi, dont la capacité créatrice se meurt cycliquement. J'ai adoré retrouver ton univers délirant et fantasmagorique, parfois malsain, mais toujours si esthétique! J'en veux encore! Tu dois continuer de rêver, mon ami! Vivement l'hiver, dont l'allongement des nuits devrait accroître la quantité de tes productions oniriques! Je suis fière de compter parmi tes amis et flattée du clin d'oeil honorifique que tu me fais en sous-titre! Merci, merci!
Je te couvre de mille baisers au lipstick waterproof!!

Posté par Absinthe, lundi 17 septembre 2007 à 17:06

Ma si chère Absinthe

Combien de vitres me faudra t-il briser avec le front pour m’assurer que je suis bien éveillé tant ton incroyable intervention me frappe de stupeur et de joie ? J’ai tant désiré ton retour et l’ai tant rêvé que ton irruption m’apparaît aussi radicale qu’une fracture ouverte du tibia, la douleur en moins, mais la joie en proportion comparable. Perçant la pellicule des songes comme l’os déchire les chairs et la peau, quelle entrée tu fais présentement ! Ô Absinthe qui me manque infiniment, je suivrai ton ordre à la lettre, oui je continuerai de rêver ! A mon tour, me voilà comme shooté d’amphétamines, prêt à te cueillir des fleurs de caveau, d’anoxie et d’épitaphe dont les fruits, je l’espère, feront germer en toi d’autres cycles encore longtemps.
Soit donc la bienvenue, toi dont l’image aime à s’inviter dans bien des récits consacrés, fais comme chez toi ! Merci, merci !

A mon tour de te retourner tes compliments au centuple. Reçois une myriade de lumineux baisers expédiés par étoiles filantes.

Posté par Oniromane, lundi 17 septembre 2007 à 21:53

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